lundi 27 décembre 2010

Pré-Réveillon chez Moeder Lambic Fontainas

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Jeudi soir, alors que la neige avait paralysé tout le pays et empêchait presque tout déplacement, Fred et moi avons courageusement décidé de braver la tempête et de prendre le métro jusqu'au centre ville. L'objectif était de boire quelques bières, en cette 'veille de réveillon', et c'est au Moeder Lambic Fontainas que nos pas ont décidé de nous mener.

La Mère des Moeders (aka L'Amère des Moeders) – Jandrain-Jandrenouille (8,7%)

Brassée par Jandrain-Jandrenouille sur demande des gérants du Moeder Lambic, cette nouvelle bière ambrée titre 8,7% et est servie au fût à Fontainas dans les tout nouveaux verres estampillés du logo Moeder Lambic. Marque de fabrique de la brasserie, des houblons aromatiques américains ont été employés dans le brassage de la Mère. On retrouve donc au nez ce parfum fruité exotique si agréable, avec notamment de l'ananas. Au goût, c'est très fruité et un peu plus rond que le reste de la gamme de BJJ, ce qui est assez normal vu le pourcentage d'alcool de la bête. Toutefois, après cette courte impression de douceur, c'est une agréable et relativement forte amertume qui s'installe et persiste longtemps en bouche. Une excellente bière, bien qu'elle n'atteigne pas le niveau de la IV Saison et de la V Cense selon moi. A regoûter quand même pour être certain! ;-)

Hop Harvest 2010 – De Ranke (8%)

Bière blonde brassée par De Ranke avec du houblon frais, ce qui lui confère un arôme floral particulièrement agréable. En bouche c'est incroyablement léger, frais, fruité... C'est assez doux mais en même temps délicatement amer. On ne ressent absolument pas les 8%, c'est tellement léger que ça passe tout seul! Encore une belle réussite de chez De Ranke, vraiment une bière agréable, désaltérante à souhait (ce qui la rend en même temps relativement dangereuse...).

La Moneuse Spéciale Noël – Blaugies (8%)

Déjà bue (et approuvée) en bouteille en 2009, la version fût était pour moi une première. D'une magnifique couleur acajou profond, cette bière est richement maltée et fruitée (fruits rouges), ronde et délicieuse. Une légère amertume ainsi qu'une pointe d'acidité (airelles) viennent compléter le tableau. C'est très gourmand et franchement agréable. Et encore une fois, ça se laisse boire avec une facilité déconcertante!

Une fort belle carte de fin d'année donc! Rendez-vous en janvier histoire de voir ce qu'ils nous ont réservé pour démarrer l'année de façon houblonnée.

Santé et bonne fin d'année à tous!

-Antoine

jeudi 2 décembre 2010

Novabirra

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Je ne pense pas avoir déjà parlé de Novabirra par ici, bien qu'un lien vers le site web soit présent depuis longtemps dans la liste sur la droite de la page. Alors, Novabirra c'est quoi? Ou plutôt : Novabirra, c'est qui? Car derrière ce nom à consonnance italienne s'en cache un autre : Emanuele Corrazini, fondateur de cette société qu'il gère depuis son petit local à Braine-l'Alleud. Quant à l'objet de cette société, il tourne bien évidemment autour de la bière...

Véritable passionné des bières artisanales 'de caractère', Manu propose différentes choses via Novabirra : la vente de bières (Rulles, Brasserie de la Senne, Jandrain-Jandrenouille, Tournay, De Ranke, 3 Fourquets), des cours de brassage et des dégustations. Personnellement je m'y suis pour l'instant uniquement rendu pour la première raison (il faudrait d'ailleurs que je regoûte un de ces jours une des Rulles Grande 10 dont j'avais fait l'acquisition, maintenant qu'elles ont reposé quelques mois...), mais les autres activités sont également bien tentantes... Côté brassage, on peut avoir un aperçu de ce qui s'y fait grâce à Pierrot de Bierebel (à ne pas confondre avec le goret de Nancy qui sévit sur Malt In Pot), qui avait rédigé l'année passée un joli compte-rendu du brassage de sa Cuvée Bierebel. Côté dégustation, je pense qu'on va vraiment s'organiser quelque chose en 2011 et enfin aller goûter les créations de Manu qui m'ont l'air bien intéressantes!

Si vous êtes intéressés par les cours, les dégustations ou simplement par acheter quelques bouteilles d'excellentes bières, toutes les infos sont sur le site web de Novabirra. Sachez également que le week-end des 11 et 12 décembre, Novabirra sera exceptionnellement ouvert de 14h à 19h. L'occasion d'aller faire un petit stock pour les fêtes, soit pour offrir, soit pour se faire plaisir (plus d'infos en cliquant sur l'image pour l'agrandir)!

Santé!

-Antoine

jeudi 18 novembre 2010

Birrificio Toccalmatto

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Créée en octobre 2008, la brasserie Toccalmatto est située à Bicester, en Italie. Son fondateur, Bruno Carilli, ainsi que trois de ses amis, ont démarré l’aventure avec une installation permettant de réaliser des brassins de 550 litres. Réputés pour leur amour du houblon, nos amis italiens ont lancé une culture expérimentale de 16 variétés différentes entre Fidenza et Tabiano. L’initiative est fort intéressante, affaire à suivre…

Le Brassigaume 2010 fut pour moi l’occasion de découvrir les bières de cette brasserie dont on m’avait tant parlé. Le premier constat est que sa renommée est loin d’être usurpée. Quatre bières étaient présentes, dont une bitter à 4.2% qui, bien que simple, présentait un joli fruité et une belle amertume ; ainsi qu’une deuxième dont j’ai tout oublié mis à part qu’elle était bonne. :o) J’ai également pu goûter leur célèbre Double IPA brassée avec des houblons américains, la "Surfing Hop". Cette bière m’a interpellé par sa dualité entre malt et houblon, avec ses arômes à la fois moelleux et secs de biscuit et de céréales grillées - le tout sans être excessivement sucré - parfaitement alliés au caractère fruité du houblon. Toutefois, ma préférence est allée vers leur petite dernière (née début 2010), la "Zona Cesarini", annoncée comme Pacific IPA en raison d’une alliance de houblons américains, néo-zélandais et japonais.

Zona Cesarini – Toccalmatto – (6.6%)


Cette bière m'a beaucoup évoqué la Nelson Sauvignon et la Nelson Sauvin IPA de Mikkeller. Au festival, elle était vraiment délicieuse, douce (vanille/épices) et fruitée (mangue/abricot/raisin) avec une texture très agréable, un corps généreux pour ses 6.6% et une belle amertume toute en finesse.
Cependant, lorsque j’ai voulu ouvrir la bouteille achetée sur place dans le but d’écrire cet article, il m’est arrivé quelque chose de peu banal… Je décapsule, verse la bière, la porte à mon nez, et là… l'hallucination !!! A plein pot sur des arômes herbacés (plante verte) et de plastique dégueu de bouée de gamin chauffée au soleil. Je laisse mon verre avec un fond pendant 15 minutes, et vlan, rien à voir, quasiment la même qu'au Brassigaume, en un peu moins fruitée. Tout ravi que je suis, je me ressers un verre, rebelote, dégueulasse et après 15 minutes cela devient top. Je suis passé à autre chose et le fond de la bouteille (1/4) bu une heure plus tard était merveilleux.

Cette expérience m’a paru complètement loufoque, c’est la première fois qu'il m'arrive un truc pareil et je me demande bien quel est le fin mot de l’histoire... Brassins différents entre fût et bouteille, action des levures, besoin d’oxydation, bouteille ensorcelée ???

Romain a, semble-t-il, goûté la sienne. Qu’en est-il, mon gros ?

-Pierrot

mercredi 10 novembre 2010

Un petit verre avec 'Nessie' au Fiddler's...

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Si un de ces jours vous avez la bonne idée d'aller faire un petit tour en Ecosse et que que votre parcours vous emmène à un moment dans le coin du Loch Ness, alors il est un endroit que je ne puis que chaudement vous recommander de visiter : le Fiddler's. Si vous aimez le whisky et/ou la bière (mais si ce n'est pas le cas alors que diable faites-vous ici à lire cet article?), vous ne pourrez qu'être ravi!

Le Fiddler's (terme désignant un violoniste "folklorique") est situé dans le village de Drumnadrochit, surtout connu pour ses diverses attractions en rapport avec Nessie, le monstre du Loch Ness. Je ne pourrais dire combien de whiskies sont disponibles, d'autant que je doute fortement que toute la sélection disponible figure à la carte... Il y a des bouteilles absolument partout : derrière le bar, au-dessus du bar, sur le bar, sur les murs,... des centaines de bouteilles trônent un peu partout, plus tentantes les unes que les autres. A côté des embouteillages officiels, on trouve également beaucoup de flacons d'embouteilleurs indépendants, comme Signatory Vintage, Gordon & Macphail, Scotch Malt Whisky Society (SMWS),... Bref, il est assez difficile de faire son choix! Heureusement, Jon, le patron, est un grand amateur de whisky (qui l'eût cru?) et, comme tout passionné, il aime partager sa passion. C'est donc avec grand plaisir qu'il m'a aiguillé dans mes choix, en me présentant une sélection de bouteilles susceptibles de m'intéresser selon mon envie du moment.

Parmi les quelques drams dégustés lors de nos visites je retiendrai surtout un fabuleux Talisker embouteillé par la SMWS, le 14.13, embouteillé en 2004 après 15 ans de fût, à 59,9% abv. qui m'a énormément plu. Très puissant, avec les notes fumées et poivrées caractéristiques de Talisker que j'aime tant, tout en restant d'une incroyable douceur. J'en veux. Malheureusement très très difficile à trouver voire impossible. Faudra que je retourne au Fiddler's. J'ai aussi pu goûter quelques Ardbeg, dont le fameux Lord of the Isles (fort bon) et un autre embouteillage de la SMWS. Dans un tout autre style, Jon m'a fait découvrir un vieux Glen Grant de 1976 vieilli en fût de sherry (Signatory Vintage, sherry butt 2889, embouteillé en 2001), extra également! "The way all Glen Grants should taste", m'a-t-il lancé en me servant une généreuse rasade du divin breuvage...

J'avoue m'être focalisé essentiellement sur les whiskies, mais il y a aussi deux ‘cask ales’ de la Cairngorm Brewery (‘Nessie’s Monster Mash’ et ‘Dark Gold’) ainsi qu’une belle liste de bières essentiellement écossaises en bouteilles.


Avant de terminer, il faut quand même aussi que je précise que le Fiddler’s est non seulement un bar mais aussi un restaurant, et que les plats qu’ils proposent valent eux aussi le détour ! Je vous conseille notamment leur haggis en entrée, servi avec une sauce à la moutarde à l’ancienne et accompagné d’un dram de Whyte & Mackay. Fabuleux !

Cheers !

-Antoine

vendredi 5 novembre 2010

Un week-end chez les lillois.

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Ayant rencontré une paire de sympathiques et fous furieux lillois par le biais de divers forum, nous nous devions d’organiser une dégustation de bière digne de ce nom.
Accompagné de mes deux compagnons porcins, Romain et François, nous avons décollé de Nancy samedi matin à la première heure. Après un petit crochet par l’abbaye de St Sixtus, notre périple débuta par la visite de l’ancienne école occupée par De Struise à Oostvleteren. Que dire de Carlo et Urbain, mis à part que leur bonté n’a d’égale que la qualité de leurs bières. Nous avons passé une après-midi extraordinaire, goûtant pas moins d’une dizaine de bières dont une vieille gueuze de 45 ans d’âge. Encore merci à eux pour leur accueil mémorable !

S’en est suivi notre arrivée à La Capsule, bar à bière lillois sans égal. La musique y est bonne, les filles jolies, mais surtout la sélection d’enfer avec un peu de tout, bières locales (Etoile du nord), bières rares (Oerbier Reserva), vieux vintage (Samichlaus 1997/Fond Gueuze 1989 Belle-Vue) mais aussi leur propre bière (Agent Provocateur), tout bonnement délicieuse. Cela ne fait aucun doute, si il y a bien un endroit sur Lille où il fait bon boire une bonne mousse, c’est bien La Capsule !

Le week-end s’est poursuivi le dimanche avec la visite de l’Abbaye des Saveurs, cave à bière proposant une jolie sélection ainsi que certaines bières difficilement trouvables ailleurs. Mais l’apothéose de cette rencontre fut, sans nul doute possible, la grande dégustation du dimanche après-midi au cours de laquelle nous nous sommes attelés à vider quelques merveilles…


Mes coups de cœur du week-end :

Gueuze 1965 – Wets – (5%?), jus de pomme, abricot sec, tabac, boisé fin, mentholé... respect et merci à notre ami Urbain !

Blend de 95% de Dirty Horse 1983 avec 5% Dirty Horse 2005 - De Struise – (7%), à mi chemin entre une gueuze et un vin de groseille, excellent.

Agent Provocateur – Craig Allan – (6.5%), superbe petite bière blonde brassée avec des houblons américains, sympathique fruité exotique et douceur maltée.

Samichlaus 1997 – (14.2%), pas une trace de madérisation, réglisse et caramel fort.

Simcoe Single Hop IPA – Mikkeller – (6.9%), bombe fruitée avec l'amertume qui va bien.

Jean Chris n°2 – Sainte Hélène – (9%), symbiose parfaite entre la torréfaction et le houblonnage, belle amertume.

Wadesda – De la Senne – (8.5%), blend de Lambic Cantillon avec la triple de la brasserie de la Senne, top rafraichissante, le caractère d'une gueuze allié au corps et au fruité (banane flambée, rhubarbe) de la triple.

Cantillon 50°N-4°E – (7%), Lambic vieilli 2 ans en fût de Cognac(15ans), magnifique boisé.

Fond Gueuze 1989 - Belle Vue – (5%?), top, après 21 ans de bouteille, toujours une acidité à vous déchausser les dents.

Prototype 27 – Brewdog – (9.2%?), Hardcore IPA vieillie dans un fût de Caol Ila 80 avec ajout de framboise fraiche, profil stupéfiant, framboise, mûre, groseille, tourbe, amère, fumée.

Pliny The Elder - Russian River – (8%), double IPA américaine dans toute sa splendeur, du pur jus d'orange.

14th Anniversary Imperial IPA – Stone – (8.9%), l'interprétation parfaite du houblon frais ? Non, tout de même pas mais c'est très bon.

The Angel's Share Bourbon Barrel Age - Lost Abbey – (12%), Strong Ale vieillie en fût, vinaigre balsamique et plein d'autres trucs... excellentissime.

Imperial Stout - NØgne – (9%), café fumé, viande séchée, grosse amertume, grandiose.

Dark Lord 2010 - Three Floyds – (15%), du lourd, complexe, café, viandé… Arrivée en fin de line-up, à regoûter pour mieux la cerner. :)


Je tiens tout particulièrement à remercier l’homme sans qui tout cela n’aurait été possible, à savoir Franck ainsi que sa charmante épouse, Virginie. Merci également à toute la bande d’assoiffés qui nous a aidé à descendre les différentes bouteilles au cours du week-end.
Vivement la prochaine !


-Pierrot

PS : Spécial ;) à Tuche/Antoine, Unbelievable fieu ! Quel flair !

mardi 19 octobre 2010

Bière et vieillissement : l’Orval.

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Durant ma prime jeunesse, mes deux amours furent la Fritz(brau) et la Burg(brau). Jeune étudiant sans le sou, le temps était à la biture, pas de place pour la grande bière… Quelle époque, mes amis ! Enfin, comme dirait l’autre, "autres temps, autres mœurs". Cela ne m’a pas empêché de prendre quelques grosses claques, d’ailleurs assez fortes pour, un jour, réussir à me faire basculer du côté "clair" de la force.
Mon premier direct du droit me fut administré chez un voisin de mon père. D’origine allemande, le type nous sortit deux bières, une blanche et une blonde (lesquelles ? Paulaner certainement). Quelle ne fut pas ma surprise lorsque ce liquide doré irrigua mes papilles, un pur délice ! Mine de rien, ce premier choc remonte maintenant à une dizaine d’années… Mon second, un crochet du gauche, me fut envoyé en Belgique lors d’une fête médiévale au cours de laquelle, après quelques heures de bons et loyaux services, on m’accorda à volonté Chouffe et Mc Chouffe au fût. Par une belle journée ensoleillée d’été, que du bonheur ! Puis, il y a de ça 4 ans, un uppercut du droit au cours de l’anniversaire des dix ans d’une association d’amis. Un soir d’octobre, un bac d’Orval plongé dans une fontaine en pierre au beau milieu des Vosges. Bu à même le goulot, accompagné de fondants au munster, ce fut une parfaite interprétation du nectar et de l’ambroisie !
L’Orval étant un de mes grands coups de cœur de "jeunesse", je lui devais bien un article. Il serait un peu mentir que d’affirmer qu’elle est ma trappiste préférée car tout ceci dépend beaucoup du cadre et de l’humeur, mais je peux vous assurer qu’elle est la trappiste qui me fait le plus souvent envie.

Bière tout bonnement inclassable, sa bouteille en forme de quille renforce son côté unique. Elle étonne par sa faculté à bien vieillir malgré un profil plutôt pas fait pour (couleur claire, faible taux d’alcool). C’est pourquoi nous avons souhaité organiser une dégustation comparative d’Orval âgés d’environ 1 à 5 ans. Notre choix a été de goûter du plus jeune au plus âgé, afin d’observer l’évolution dans le temps.

Orval – Brasserie de l’Abbaye d’Orval (6.2%)


L’aspect fut, à peu de choses près, identique pour chaque bière. De couleur orangée, sa mousse est blanc cassé et abondante.

Embouteillé le 10/12/09
Nez :
terreux, poussière, cidré (pomme), noisette, une touche minérale.
Bouche (un poil chaude) : cidré/poiré, pointe acide, finale légèrement amère.
Commentaire : un Orval jeune assez classique et fort bon.


Embouteillé le 10/12/08
Nez :
fruits compotés cuits au four (pomme, poire, abricot). Le fruité m’évoque celui d’une Nelson Sauvignon (Mikkeller) en moins exubérant, terreux en fond.
Bouche : attaque légèrement citronnée, plus moelleuse et moins amère que la précédente.
Commentaire : un nez fantastique et une bouche arrondie.

Embouteillé le 11/12/06
Nez :
champignon, liège, léger fruité (fruits cuits), acide.
Bouche : carbonation plus faible que les deux précédentes, pomme séchée. Fin de bouche pâteuse.
Commentaire : mauvais vieillissement à mon sens, le nez en témoigne.

Embouteillé le 08/12/05
Nez :
complexe et fondu, fruits jaunes, acidulé, poiré, côté Orval (terreux) adouci, légèrement boisé.
Bouche : carbonation faible, moelleuse, une pellicule farineuse recouvre la bouche, mi-acide mi-amère. Rétro-olfaction sur la poire.
Commentaire : très bel exemple de vieillissement avec un nez superbe et un ensemble assez subtil.


Les bières ayant été dégustées dans deux verres différents, nous avons pu constater l’influence de ceux-ci. Tous deux très bons, le premier verre de type "beer sommelier" s’est révélé très précis mais son opposant du type "calice"(Chimay) nous a séduit par le fondu et l’harmonie qu’il apportait au nez.
Mon ordre de préférence irait dans le sens :
2 – 1 / 4 (des profils différents mais des plaisirs équivalents) – 3 (hors concours, problème de vieillissement)

En conclusion, je pourrais dire que nous avons constaté que l’Orval vieillissait très bien, même après 5 ans de mise en bouteille. Toutefois, je pense que mes goûts actuels tendraient à préférer un vieillissement de deux à trois ans tout au plus. Je suis tout de même curieux de voir ce qu’un Orval de 10 ans pourrait donner…


-Pierrot

lundi 11 octobre 2010

Une Pale Ale dans un Pub Irlandais à Ljubljana

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Il arrive que de temps en temps je sois envoyé à l'étranger pour le boulot. C'est pour moi à chaque fois l'occasion d'essayer de trouver des produits locaux à déguster, particulièrement de la bière, vous vous en doutez! Et pas plus tard qu'en ce début de semaine j'ai profité d'un court séjour à Ljubljana pour tenter d'en savoir un peu plus sur les bières slovènes...

En faisant un peu de recherches préalables, je suis rapidement informé que deux bières de type pils sont à la tête du marché slovène : les 'rivales' Union et Laško (deux marques détenues en réalité par une seule et même compagnie). Je pousse un peu plus loin, ne voulant croire que la Slovénie n'a rien de plus à me proposer, je continue mes recherches et je tombe sur un article mentionnant la 'première microbrasserie digne de ce nom en Slovénie', la Human Fish Brewery. Tirant son nom d'une ravissante créature vivant dans les eaux souterraines des grottes slovènes, la Human Fish Brewery est située à Slovenj Gradec, dans le nord du pays, pas tellement loin de la frontière autrichienne. Fondée en 2008 par un Australien installé en Slovénie, la brasserie produirait pour le moment quatre bières différentes : une Pale Ale, une IPA, une Stout et une Irish Red Ale. Je trouve même une adresse ou aller tester l'une de ces bières au fût à Ljubljana : le Patrick's Irish Pub (très couleur locale, n'est-ce pas?).

Le Patrick's Irish Pub, situé dans le centre de la charmante petite ville de Ljubljana, se révèle un endroit fort sympathique. Situé dans une 'cave' accessible par un escalier depuis la rue, l’endroit propose une carte des bières assez éclectique et internationale. On y trouve notamment, à côté des pils locales et de la Human Fish Pale Ale, des bières belges comme l’Orval ou la gamme des Chimay ; des tchèques comme la Bernard ; des britanniques comme la London Pride ; ou encore des américaines de la brasserie Flying Dog. Carte alléchante donc, mais il faut faire un choix. Celui-ci s’est naturellement porté en premier lieu sur la Human Fish, plus difficile à dénicher à Bruxelles que l’Orval.

Human Fish Pale Ale - Human Fish Brewery (4,35%) [Slovénie]

Cette bière n’a pas de britannique que son verre (le traditionnel ‘Nonic Pint Glass’ qu’on retrouve dans tous les pubs), le créateur de cette pale ale ambrée s’est clairement inspiré de ce qui est brassé de l’autre côté de la Manche. C’est malté, légèrement doux, et avec des notes d’agrumes apportées par le houblon, qui confère également une agréable amertume à la bière. C’est pas mal, assez rafraîchissant, mais à mon sens cette bière n’atteint pas encore le niveau de certaines pale ale britanniques excellentes. Il faudrait pouvoir goûter les autres produits de la brasserie afin de se faire une opinion sur l’ensemble de ce qu’ils brassent, mais le pub ne les proposait malheureusement pas. En bref, quelque chose à suivre et qui vaut de toute façon la peine d’être goûté si vous passez dans le coin !

Patrick’s Irish Pub
Prečna Ulica
Ljubljana 1000,
Slovenija

Santé!

-Antoine

mercredi 8 septembre 2010

ABS Drinks, fournisseur (non-)officiel de ma cave

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Bon d'accord, je n'ai pas de cave. Fournisseur de la cave de mes parents et du dessous de mon lit alors si vous préférez.

Il y a bien des semaines et même des mois que j'aurais du écrire cet article. Mais réjouissez-vous, l'erreur est maintenant corrigée! Je vais vous présenter ma caverne d'Ali Baba, un des endroits les plus merveilleux de notre petit Royaume, l'antre dans laquelle je pourrais passer des heures sans être lassé... Je vous parle d'ABS Drinks, mon fournisseur officiel en bières belges depuis décembre 2009. Pourquoi pas avant? Parce que je connaissais pas, tiens!

Ceux qui connaissent pourront confirmer : il faut que quelqu'un te le recommande pour que tu y ailles parce que tu risques pas de tomber dessus par hasard. Sa situation improbable dans un petit village jouxtant Louvain (Louvain "Leuven", n'est-ce pas, pas Louvain-la-Neuve) répondant au doux nom de Winksele, le place quelque peu en dehors des sentiers battus. Mais dieu sait si le détour en vaut la peine...

Ce bel endroit abrite pas moins de... beaucoup de bières! J'avoue ne jamais avoir essayé de les compter... Le Good Beer Guide Belgium (merveilleux ouvrage qui m'a permis de découvrir cet endroit) estime le nombre à 'près de 500'. En tout cas il y a du choix. Petites ou grandes bouteilles, il a essentiellement du belge (hormis une weissbier allemande et toute la gamme de La Trappe) et beaucoup de produits de petites brasseries pas toujours faciles à dénicher. Vous y trouverez notamments les bières de De Ranke, Jandrain-Jandrenouille, Rulles, Brasserie de la Senne, Struise Brouwers, Dupont (toujours beaucoup de stock de Dupont d'ailleurs), Kerkom, Blaugies, Alvinne, t'Hofbrouwerij, ... Pas mal de choix au rayon lambic également, avec pas mal de choix de chez 3 Fonteinen, Boon, Cantillon, Oud Beersel, Hanssens, Girardin, ... Tout ça pour des prix très très intéressants, bien loin de ce que demandent par exemple les magasins spécialisés du centre ville de Bruxelles (quelques exemples de prix ci-dessous pour vous donner une idée).

Bref, si vous passez dans le coin, foncez-y les yeux fermés! Et si vous ne devez pas passer par la, allez-y quand même!

ABS Drinks
Vilvoordsebaan 29
3020 Winksele
Tel: 016/63.50.11
Fax: 016/63.50.12

Quelques exemples de prix (hors consignes) :

Zinnebir - 1,19€
Saison Dupont - 0,83€
Bink Blond - 0,96€
Pannepot - 1,72€
Valeir Extra - 1,13€
Oerbier - 1,5€
XX Bitter - 1,08€ (3,64€ en 75cl)
Rulles Estivale (75cl) - 3,5€
V Cense (75cl) - 3,7€
3 Fonteinen Oude Geuze Vintage (75cl) - 8,54€

Ouvert du mardi au vendredi de 9h à 18h, le samedi de 9h à 17h et le dimanche de 10h à 12h. Fermé le lundi

Santé!

-Antoine

vendredi 3 septembre 2010

Short news : La Black de Mikkeller

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Brassé chez De Proef (BE), cet American Double Imperial Stout a la particularité d’avoir été brassé avec des levures de champagne, permettant d’obtenir un titre alcoolique de 17,5%. Avec ce taux d’alcool, nous pourrions nous attendre à une bière imbuvable mais il n’en est rien. Cela se sirote comme du petit lait ! Le conditionnement est en 37.5cl mais je conseille toutefois d’être au moins 3 pour s’y attaquer car avec ce genre d’engin, les papilles arrivent vite à saturation.

Mon premier contact, il y a quelques mois, fut avec la version classique, non-vieillie en fût. Voici mon ressenti de l’époque :

Au nez, du pain noir, c'est très intense, mélange de pain aux céréales, pain d'épices, fruits confits, liqueur de cerise, c’est ample. En bouche, du café, du grillé, l'attaque est très sucrée, la bière est liquoreuse à souhait et une amertume très sèche et tenace, presque caoutchouteuse, arrive en fin de bouche. Grande longueur en bouche. Vraiment très surprenante.

Hier, nous avons pu goûter la version recouverte de cire bleue. Cette bière a connu un vieillissement de 4 mois en fût de whisky écossais de l’île d’Islay, île très réputée pour ses whiskies tourbés. Voici le résultat :

Au service, le nez démarre étrangement sur des croquettes pour chien puis évolue sur du poisson fumé et salé… Mais qu’est-ce donc que cette drôlerie ? Allez hop, n’ayons pas peur, en bouche ! Wouah, quel monstre ! L’attaque est immédiatement sucrée mais vient de suite être contrebalancée par une vague d’iode. Ce sel est accompagné de notes de poisson séché. Puis viennent des arômes de café fumé et de charbon. La texture en bouche est énorme, la bière est liquoreuse et la carbonation très douce. La finale est interminable et des plus agréables, avec un savant mélange de sucré-salé. Dans un autre style que sa petite sœur, mais encore plus invraisemblable à mon sens, Mikkel a une fois de plus frappé fort !


A racheter par casier et à faire vieillir…
-Pierrot

mardi 17 août 2010

Une nouvelle saison qui vaut le détour : la Métisse

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Encore une bière fraîchement dégustée chez Moeder Lambic, le même jour que la "VI" de Jandrain-Jandrenouille (et redégustée dès la semaine suivante d'ailleurs) : La Métisse, première bière de la nouvelle 'brasserie' du Lion à Plume. Si je mets le mot 'brasserie' entre guillemets, c'est parce que - pour le moment du moins - Julien et Raphaël brassent leur bière à la brasserie gaumaise Sainte-Hélène, à Ethe.

Métisse – Lion à Plume (5,7%)

La Métisse est une bière de type 'saison', dans laquelle les brasseurs ont employé des houblons anglais (E. K. Goldings) et américains (Cascade). C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils ont décidé de lui donner le nom de 'Métisse', car elle se situe du coup "entre une ale américaine et une saison traditionnelle du Hainaut". Peut-être, en tout cas ce que je peux dire c'est que c'est vraiment très bon, cette affaire-la!

Le nez est très fruité, sur les fruits jaunes (pêche), les agrumes, un soupçon d'ananas... Au goût c'est également très fruité, on suit clairement le nez à ce niveau-la! L'attaque est légèrement douce, mais une franche amertume s'installe ensuite assez vite. Les oranges amères dominent, particulièrement une fois que la bière commence à se réchauffer.

Une excellente bière, un premier essai tout à fait concluant! On attend avec impatience la deuxième cuvée des deux brasseurs, qui devrait voir le jour d'ici peu si on en croit le site/blog du Lion à Plume... (Edit : finalement il faudra probablement patienter jusqu'en 2012 - voir le commentaire de Julien ci-dessous à ce sujet - , mais on se consolera assez facilement à coups de Métisse en attendant ;))

Santé!

-Antoine

vendredi 6 août 2010

Episode VI - Enfin pu la déguster!

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Héhéhé, j'ai ENFIN pu goûter la nouvelle bière de la brasserie de Jandrain-Jandrenouille hier soir! La 'VI' - encore sans nom - était en effet disponible au fût et cette fois il en restait! Je me suis bien entendu jeté dessus. Voici mes quelques impressions sur celle-ci.

VI... ? – Jandrain-Jandrenouille (?%)

Tout d'abord, rappelons qu'il s'agit d'une bière de type 'blanche', c'est-à-dire brassée avec du froment. Toutefois, pas de coriandre ni d'écorces d'oranges ici, contrairement à la majorité des bières blanches belges (essayez de dire ça très vite plusieurs fois). Les brasseurs ont préféré, comme pour leurs deux premières créations, de jouer avec le houblon pour lui donner son caractère aromatique. Et c'est pour le moins réussi!

Le nez! Le nez est tout simplement extraordinaire! C'est exotique à souhait, on pourrait se demander si on ne s'est pas fait servir un verre de jus de fruits exotiques (mais alors la mousse blanche sur le dessus serait assez suspecte)... Fruits de la passion, ananas, mangue... Mais aussi des agrumes! J'ai passé au moins deux-trois minutes le nez dans mon verre avant même de goûter tellement ça sent bon. Mais bon, à un moment il faut bien goûter et voir ce que ça donne en bouche!

Et bien tout d'abord, ce qui frappe, c'est le contraste assez fort entre le nez et la bouche. En effet, avec tous ces fruits, on s'attendrait presque à boire quelque chose de sucré (même si on se doute que ça ne sera pas le cas, vu les antécédents de la brasserie), mais il n'en est rien. C'est sec, très léger, on reconnaît instantanément qu'il s'agit d'une bière blanche, alors que ce n'était absolument pas le cas avec le nez. A noter qu'à la différence de la plupart (si pas de toutes) des bières blanches belges (encore un essai?), on a une amertume qui apparaît en fin de bouche. Elle n'est certes pas extrêmement prononcée, mais elle est néanmoins bel et bien perceptible, et ça fait bien plaisir.

En se réchauffant, l'aspect fruité exotique du houblon finit par ressortir de plus en plus en bouche également. Elle est servie un poil trop fraîche pour en profiter de manière optimale probablement, mais fort heureusement elle ne reste pas à cette température fort longtemps.

C'est donc une très bonne bière que les deux brasseurs brabançons nous ont à nouveau concocté, dans laquelle on retrouve les éléments qui avaient déjà permis à leurs deux premières créations de se placer en bonne position dans mon top de bières... Moi qui ne suis pas fan de blanches en général, je suis quelque peu réconcilié avec le genre!

Santé!

-Antoine


Edit : Après l'avoir retestée une semaine plus tard, elle m'a paru nettement plus fruitée d'emblée en bouche! En plus des fruits exotiques, les agrumes étaient également bien présents. Elle m'a paru encore meilleure, vraiment une excellente bière!

vendredi 30 juillet 2010

“Whisky In The Church” : le dimanche et la fin du rêve

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Après une nuit tout aussi courte que la précédente, nous avons eu l’agréable surprise de retrouver notre ami Martial au fourneau. Quel fou ! Cet homme n’a dormi que 2h afin de préparer de savoureuses crêpes pour toute l’assemblée. Mon petit déjeuner fut accompagné d’un Benriach 76 cask 3558, plus efficace et délicieux que n’importe quel jus de fruits multivitaminé. Après ce petit plein d’énergie, il fallut quelque peu ranger les bungalows avant de décoller à destination de l’église.

Quelques temps plus tard, nous pénétrâmes dans le lieu saint, le WITC commença. Une dizaine de stands, regroupant une bonne soixantaine de bouteilles, étaient en place pour combler notre soif de découverte. J’ai attaqué par le stand des vieux blends où un couple de passionnés faisait déguster des raretés incroyables. De vieux embouteillages des années 50, époque à laquelle la qualité des blends étaient bien supérieure à celle d’aujourd’hui. Par ailleurs, ces bouteilles présentent un OBE (Old Bottle Effect), oui les whiskies évoluent en bouteille, relativement intéressant. Toutefois, ce type de bouteilles demande un temps d’aération important (parfois une heure) pour être apprécié pleinement et le temps nous était compté. Direction le stand Douglas Laing, où deux flacons me plurent énormément. Un superbe Ardbeg de 18 ans vieilli en fût de sherry, ainsi qu’un splendide Brora 81 dans la série Platinium. Sur les stands d’à côté, un très bon Caperdonich 72, plein de fruits acidulés, faisait bonne impression, ainsi qu’un Glengoyne 72 de chez Daily Dram. Mais la vedette du jour, qui a d’ailleurs été pris d’assaut dès l’arrivée de ses représentants, a été le stand Benriach/Glendronach. J’ai pu y goûter un sensationnel Glendronach 72, sherry de toute beauté ainsi qu’un Benriach 79 absolument top, dans la lignée des 76. D’autres figures du monde du whisky étaient présentes tel que Jean Boyer, unique embouteilleur indépendant français au rapport qualité/prix rarement égalé. Surpris par le temps qui passe à la vitesse de la lumière, le salon toucha à sa fin, l’occasion pour un passage final chez notre ami Van Zuylen.

De retour aux bungalows, nous avons organisé avec Loïc une petite dégustation d’une bière "originale" pour des "non-initiés". Au départ, notre choix s’était porté sur l’Amarillo de De Molen, une de mes Double IPA préférées, qui nous semblait facile d’accès. Malheureusement, cette bière n’était plus disponible à la brasserie, vendredi. Nous avons donc décidé de nous rabattre sur la Mean Manalishi Double IPA de chez Hoppin' Frog (US), un poil plus extrême. Même si l’amertume tenace en bouche a déstabilisé quelques personnes, le nez au fruité exubérant a su séduire et surprendre. Pour ma part, j’ai été relativement déçu en comparant mes sensations du jour à celles d’il y a quelques mois (février et avril). Un nez porté sur le litchi et le sirop d’orgeat. Une bouche très sucrée, caramélisée, légèrement fruitée, avec une redoutable amertume en finale. Personnellement, la bière m’a semblé avoir perdu en fraicheur houblonnée et en fruité, gagnant en rondeur sucrée. Ma théorie serait que le stock du magasin de De Molen est le même que lors de notre premier approvisionnement de janvier. 6 mois plus tard, la bière aurait eu le temps de se "dégrader"… Ou serait-ce uniquement une histoire de perception ?

La soirée s’enchaina sur un petit repas destiné à finir les restes, tant solide que liquide. Le lendemain matin, après les chargements de coffres, les inventaires de vaisselle et les étreintes d’au revoir, la route nous avala pour un dur retour à la réalité…

La Haye, we’ll be back !

-Pierrot

mardi 27 juillet 2010

Pubs d'Edimbourg - The Kenilworth

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Fraîchement de retour d'Edimbourg, l'envie m'est venue de démarrer une nouvelle série sur les merveilleux pubs de la capitale écossaise. Il est fort possible que, dans le futur, cette rubrique s'élargisse aux pubs de toute l'Ecosse, puisque j'ai déjà eu la chance d'en découvrir pas mal de très sympa un peu partout là-bas et que c'est loin d'être fini. Mais pour le moment, limitons-nous à Edimbourg. C'est déjà pas mal. D'ailleurs si vous vouliez davantage d'infos sur les pubs d'Edimbourg, allez faire un tour sur l'excellent site Undiscovered Scotland qui consacre une page individuelle à septante pubs du centre d'Edimbourg.

Le premier pub dont je veux vous parler est un des nombreux établissements de Rose Street, dans le 'New Town'. Cette rue a longtemps été célèbre pour ses 'pub crawls', impliquant de faire toute la longueur de la rue en buvant une pinte de bière par pub croisé. Il faut savoir que cette petite rue compte entre quinze et vingt pubs. Et même si la plupart des bières britanniques sont relativement légères en alcool : aïe.

Mais revenons-en au Kenilworth. Pour commencer, il faut savoir que ce pub est nommé d'après le roman du même nom de Sir Walter Scott, qui est né en 1771 à Edimbourg et y a vécu la majeure partie de sa vie. Le bâtiment dans lequel se trouve l'établissement date de la construction de New Town à la fin du 18e siècle, mais sa reconversion en pub ne remonte "que" au début du 20e siècle (1904 pour être précis). L'intérieur reste grandement inchangé depuis l'époque, et ça se remarque dès que l'on passe le pas de la porte. Plusieurs éléments lui donnent un cachet extraordinaire et en font un endroit incontournable pour boire une bonne pinte.


Tout d'abord, le splendide bar rectangulaire en acajou. Il s'agit de ce que les britanniques appellent un 'Island Bar', c'est-à-dire un bar en "île", situé au centre de la pièce et accessible de n'importe quel côté. Pratique pour passer ses commandes si l'on est au fond du pub. L'autre élément qui saute aux yeux après le bar, c'est le plafond mouluré et peint dans des teintes vives. Enfin, les murs recouverts de carrelages travaillés et colorés achèvent de donner à l'ensemble son look si particulier.

Nous n'avons pas mangé dans ce pub, je ne pourrais donc pas vous donner d'appréciation sur ce point. Par contre on y a consommé quelques verres. Lors de notre passage, quatre 'handpumps' (système typiquement britannique de pompes manuelles pour servir la bière depuis des 'casks', ces petits tonneaux dans lesquels on ajoute de la levure à la bière afin qu'elle subisse une deuxième fermentation) étaient alimentées, trois avec de la bière et une avec du cidre artisanal. Nous avons pu goûter deux bières brassées à Edimbourg par la Caledonian Brewery (et donc assez répandues dans les pubs de la ville) : la Deuchars IPA, une excellente blonde fruitée, maltée et agréablement amère; et la Caledonian 80/-, une ambrée foncée plus fruitée et au goût caramélisé de malt torréfié.

The Kenilworth
152-154 Rose Street, EH2 3JD
Tel: +44 131 226 1773

Cheers!

-Antoine

vendredi 9 juillet 2010

“Whisky In The Church” : le samedi.

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Après une courte nuit, mais néanmoins réparatrice, la journée du samedi démarra par un petit déjeuner royal. Michèle et Gérard nous avaient tous deux concocté de délicieuses confitures au whisky. Cela n’y paraît peut-être pas mais l’accord fonctionne souvent à merveille. Mes préférences allèrent à l’abricot au Port Ellen, ainsi qu’à la mangue au Bowmore.


En fin de matinée s’organisa une première expédition afin d’entamer le pillage de la cave de M. Van Zuylen. Bien que le magasin soit relativement petit, les bouteilles y sont entassées par centaines, parfois même empilées un peu trop haut pour être à la portée de tous. Lors du week-end du WITC, les participants ont également la faveur de pouvoir accéder à la cave "secrète" du magasin. Une réserve qui renferme parfois des joyaux inespérés. Après ce premier assaut, il ne fallut pas oublier que l’on nous attendait pour manger. Jean-Marie, en parfait hôte, nous avait invités chez lui afin de partager le repas de midi. Repas qui débuta par une verticale de Lochside au cours de laquelle 6 expressions différentes étaient en concours. A la surprise générale, le grand vainqueur ne fut pas un single malt mais un single grain (pouvant contenir du malt, mais pas obligatoirement à 100%), distillé en 1963, embouteillé en 2010 par l’embouteilleur indépendant "First Cask" et titrant 46.6%. Ce single grain a su nous charmer par sa douceur, son équilibre et sa magnifique alliance de notes chocolatées et exotiques. Après s’être copieusement restaurés, certains repassèrent chez notre caviste hollandais préféré et d’autres retournèrent directement aux bungalows où ceux qui étaient restés sur place, à attendre les derniers arrivants, n’avaient pas perdu leur temps non plus…


A 18h débuta un master class sur le sherry (Xérès), mené de main de maître par notre ami Gérard. La gamme présentée (9 expressions) balayait très largement les différents types de sherry existants, en passant d’un Fino (blanc), très sec aux allures de vin du Jura, à un Pedro Ximenes (brun/rouge), sirupeux, plein de fruits noirs confits, de pruneaux et de café. Cette session a eu le double avantage, pour un néophyte tel que moi, de me faire découvrir l’univers des sherry, ainsi que de mettre en évidence l’apport propre à chaque style lorsque le whisky est vieilli dans ce type de fût. Après cela a eu lieu le traditionnel barbecue géant du samedi soir où nous avons pu nous délecter de bons steaks de bœuf marinés au Laphroaig. Pendant ce repas, diverses vins, bières et cidres fermiers ont été partagés mais la plus grosse claque fut donnée par l’unique (malheureusement) bouteille de 5AM Saint (Brewdog) que j’avais amenée. Pour certains participants, une véritable révélation ! :o) En guise de digestif, ce fut au tour d’une dizaine d’embouteillages de "Malts of Scotland" d’être à l’honneur. Personnellement, aucun flacon n’a relevé particulièrement mon attention. Le repas aurait-il quelque peu surchargé mon palais ? Cela ne m’a toutefois pas empêché de poursuivre les dégustations des différentes drôleries apportées par chacun. C’est alors que le bungalow de nos amis toulousains fut assiégé par une horde d’assoiffés. La table du salon fut vite recouverte d’une quarantaine de bouteilles sorties de toutes parts. Des expressions toutes plus magnifiques les unes que les autres !
Je retiendrai particulièrement :

Un sublime Longmorn 25 yo 'Centenary' (43%, OB, gold label, 1994)
Un grandiose Longmorn 39 yo 1969/2009 (58.9%, G&M for The Mash Tun and KasK)
Un topissime Dailuaine-Glenlivet 27 yo 1966/1994 (45.7%, Cadenhead)
Un excellent Tomatin 40yo 1963/2003 (42.9%, Douglas Laing/Platinuim)


Cette soirée fut grande et intense. J’ai rejoint mon lit aux alentours de 5h30 du matin, à peine fatigué. C’est plus la lumière du jour qui m’a rappelé que 7h plus tard avait lieu la cérémonie à l’église… l’origine première de notre présence à tous en terre batave...

mardi 6 juillet 2010

“Whisky In The Church” : l’arrivée du vendredi

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Né de la collaboration de deux hommes : Jean-Marie PUTZ, fondateur du site et du forum "whisky-distilleries.info" ainsi que M. Van Zuylen, caviste de La Haye à la renommée internationale et aux tarifs ridiculement bas, le WITC est un festival de whisky réunissant de plus en plus de passionnés pour la grande messe du dimanche après-midi dans une petite et fort sympathique église de La Haye. Durant 4h, diverses distilleries, embouteilleurs indépendants et importateurs viennent faire découvrir leurs merveilleux embouteillages pour le plaisir de quelques dizaines de passionnés.


Mais le WITC, c’est aussi les retrouvailles d’une bande de fous. Des amis qui affluent de toute l’Europe (France, Belgique, Pays-Bas, Suisse, Luxembourg, Danemark…) afin de partager un week-end épicurien au cours duquel gastronomie rime avec whisky, générosité avec fraternité.
Pour sa 4ème édition, nos deux organisateurs ont fait fort en réunissant une quarantaine de membres du forum sur le site du "Kijkduinpark", parc de loisir en bord de mer.

Nous décollâmes de Nancy le vendredi matin à 8h tapantes avec mon compagnon porcin, Loïc alias Eub. Située à une demi-heure de route de La Haye, la brasserie De Molen, une des plus réputées des Pays-Bas, n’attendait que nous. Après un "petit" craquage au magasin, nous en avons profité pour faire un tour sur leurs 5 pressions du moment. Deux d’entre elles retiendront notre attention dont leur blanche, absolument magnifique, la meilleure que j’ai pu goûter à ce jour. Malgré les 7,2% affichés au compteur, la bière reste légère et très rafraichissante. Un nez divin qui m’a évoqué la IV Saison, plein de fruits exotiques. En bouche, superbe texture, très fine, une mousse crémeuse, le week-end commence bien ! Notre deuxième coup de cœur fut pour la Rasputin, pleine de chocolat noir épicé, presque poivrée, un régal ! Elle a très bien conclu notre repas qui s’était composé d’un excellentissime pâté de saumon à l’aneth et à la bière, accompagné de salade et de pain à la bière. Nous étions bien tentés de continuer à descendre ces deux beaux fûts mais une mission encore plus importante nous attendait et le brie de Meaux de 3kg commençait à avoir chaud dans la voiture. En arrivant sur le site du parc de loisir, nous constatâmes avec plaisir que la proximité de la mer et la présence de nombreux arbres permettaient d’obtenir un climat parfaitement tempéré. Après l’installation dans nos bungalows respectifs et les étreintes avec nos camarades plus revus depuis trop longtemps, nous nous détendîmes avec un premier verre, le premier d’une longue liste… :o)

Confortablement installés en terrasse, la soirée débuta doucement avec l’arrivée des derniers protagonistes et la table commença à se remplir de bouteilles mais aussi de diverses victuailles en provenance des quatre coins de la France : brie de Meaux, cantal, fourme d’Ambert, St Nectaire, "petit" pain artisanal au levain fait maison, charcuterie corse, pata negra… Pas de quoi mourir de faim. Sans parler de la vingtaine de bouteilles de whisky, ainsi qu’une poignée de bières et quelques bouteilles de vin, venues recouvrir une seconde table.

Côté whisky, mes deux coups de cœur ont été : un Old Speyside 1966, qui n’est autre qu’un Glenfarclas, magnifique exemple de vieux whisky vieilli en fût de sherry; ainsi qu’un Port Ellen 1978 Rare Malts, 20 ans d’âge, excellent embouteillage d’il y a déjà 12 ans, avec sa tourbe délicate et sa belle minéralité. Niveau bière, l’Anosteké fut ma favorite. Superbe petite blonde française, correctement houblonnée et parfaitement équilibrée. En vin, c’est le Collioure de notre Jean-Mi qui m’a le plus plu, très gourmand et intensément fruité (fruits confits). Vers 3h30/4h, mes yeux se ferment, le trajet et la semaine passée ont raison de moi. Mieux vaut se reposer un peu vu ce qui nous attend pour la suite…

mercredi 30 juin 2010

Un petit verre en terrasse à la brasserie Kerkom...

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Il fait beau, il fait chaud, c'est le moment d'en profiter! Si vous ressentez une grande soif et que vous êtes dans le coin de Saint-Trond dans le Limbourg (ou de Waremme dans la province de Liège), je ne puis que vous conseiller vivement d'aller faire un petit tour du côté de Kerkom-bij-Sint-Truiden, où se trouve l'excellente petite brasserie du même nom (sans le "bij-Sint-Truiden").


Il y a deux raisons majeures d'aller leur rendre visite quand il fait beau. Premièrement, la brasserie est située dans une vieille ferme-brasserie avec une grande cour intérieure dont une grande partie a été aménagée en terrasse, fort agréable sous le soleil. Deuxièmement, la Bink Blond au fût est une des bières les plus agréables et désaltérantes qu'il m'a été donné de goûter ces derniers temps! Je l'avais déjà goûtée au fût chez les braves gens du Moeder Lambic, mais ici, en terrasse et par ce temps estival, elle était encore meilleure que jamais. Une bière parfaite pour l'été!

Bink Blond – Brouwerij Kerkom (5,5%)

Un avantage majeur de cette bière est qu'elle est assez légère : 5,5% Alc. Vol., ça permet de rester debout (ou plutôt assis) même avec le soleil qui vous tape sur le crâne. Mais au-delà de ça, c'est surtout une bière vraiment délicieuse, fraîche et désaltérante. Elle a un nez de houblon frais assez incroyable, c'est un véritable plaisir que de plonger son tarin dans son verre tout au long de la dégustation et même après, quand le verre est (tristement) vide. En bouche c'est tout aussi plaisant : une texture presque soyeuse, une belle présence maltée qui apporte un peu de douceur et une finale amère au bon goût de houblon! Cet équilibre entre rondeur maltée et amertume houblonnée la distingue d'autres bières du 'même type' comme la Zinnebir ou la Rulles Estivale par exemple...

Leurs autres bières sont bien entendu à tester elles aussi! La Bink Bloesem est assez originale et la Kerkomse Tripel vaut particulièrement le détour aussi selon moi (particulièrement au fût). On en reparlera d'ailleurs certainement ici, dans un futur peut-être pas trop lointain.

Si l'envie vous prend d'aller rendre une petite visite à la brasserie Kerkom (même s'il ne fait pas beau ça vaut la peine, le petit café aménagé dans les bâtiments de la ferme est très accueillant également), voici les horaires d'ouverture :

Avril-octobre

Mercredi-vendredi : à partir de 11h
Samedi, dimanche et jours fériés : dès 10 heures

Le reste de l'année

Jeudi-dimanche : à partir de 13h
Attention : la brasserie et le café sont fermés du 20 décembre jusqu'à fin janvier


La brasserie peut également être visitée le samedi à 15h, probablement en néerlandais mais sans certitude. Il vaut aussi peut-être mieux confirmer par téléphone ou e-mail avant.

Brouwerij Kerkom
Naamsesteenweg 469
3800 Sint-Truiden
0495/38.12.14
info@brouwerijkerkom.be


Une dernière chose puis je vous laisse : si vous vous rendez aux toilettes, levez les yeux au plafond et essayez de deviner ce qu'on faisait auparavant dans la pièce du dessus...



Santé!

-Antoine

vendredi 25 juin 2010

Bière et vieillissement : Evolution de la Jean-Chris n°2

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La Jean-Chris n°2 est une bière noire aux reflets rouges, titrant 9%. Elle a été produite par la brasserie artisanale Sainte Hélène de Ethe, en collaboration avec Christophe Gillard de la cave à bière "Mi-orge Mi-houblon" d’Arlon, et Jean-François Vaux, chocolatier du sud de la France venu s’installer à Habay-La-Neuve. Le but premier de cette création est la réalisation d’accords entre bière et chocolat.
Entrent dans la composition de cette bière : les malts Pilsen, Malt Café, Munich, Special B; les houblons Brewer Gold et Challenger; ainsi que la levure de la brasserie d’Orval. La bière fait 68 EBU (European Bitterness Units, échelle proche de l’IBU).
 

Goûtée pour la première fois en septembre 2009, peu de temps après sa mise en bouteille, la bière présentait un profil très brut, principalement axé sur de puissants arômes de torréfaction. En bouche, j’avais eu l’impression de croquer dans des grains de malt carbonisés. L’amertume développée par la bière était alors très intense et tenace. Personnellement, j’aimais déjà beaucoup malgré un profil plutôt "hardcore" qui en a rebuté plus d’un… ;o)

Neuf mois plus tard, je remets ça. Quelle surprise au premier contact, oh miracle, la magie de l’évolution en bouteille a opéré, et dans le bon sens ! Ce n’est plus du tout la même bière, le temps l’a littéralement métamorphosée. Au nez, on y trouve des arômes fruités de houblon frais et une touche florale. En bouche, un équilibre parfait entre le houblon fruité et le malt grillé qui apporte une magnifique amertume à l'ensemble. Cette bière est complexe, puissante, longue en bouche, tout en restant très rafraichissante. La bouteille a été tombée à 2 avec un plaisir non dissimulé, franchement une bière superbe !
 
Le dicton du jour : "Dans la bière, rien n’est arrêté, tout peut arriver !"
 
Encore félicitations à Eddy Pourtois, le brasseur, ainsi qu’à Christophe et Jean-François pour avoir donné naissance à cette bière de toute beauté !
 
La Jean-Chris n°1 était une ambrée légère, houblonnée à l’amarillo et brassée chez Rulles. Vivement une Jean-Chris n°3… :o)
 
-Pierrot

lundi 21 juin 2010

Une bien sympathique visite de la brasserie Fantôme

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Récemment, mon ami Pierre s'est marié. Pas le cochon lorrain, hein! Un autre Pierre, bien Belge celui-là ;). Ayant eu l'extrême bon goût de me choisir comme témoin, je me suis chargé de lui organiser ce qu'on appelle communément par chez nous un 'brûlage de culotte' ou un 'enterrement de vie de garçon'. Une des 'activités' prévues lors de ce week-end fort divertissant était la visite de la brasserie Fantôme.


C'était une magnifique journée de mai. Une des premières journées ensoleillées de l'année. Après un bon paquet de frites dans la capitale wallonne, direction les Ardennes, et plus précisément le petit village de Soy, entre Hotton et Erezée. Si ces noms ne vous disent rien, sachez que ce n'est pas très loin de Durbuy et de Marche-en-Famenne. Et si vous ne voyez toujours pas ou diable ça se trouve, regardez sur une carte.

J'avais convenu par téléphone d'une visite aux alentours de 15h30, et c'est à 15h30 pile que nous poussons la porte du petit café attenant à la brasserie. Accueillis par le brasseur Dany Prignon, nous commençons tout de suite la visite. Nous suivons Dany à travers de petites pièces reliées par des escaliers et de petites portes (attention à la tête) pour voir tout le matériel qu'il a rassemblé et réparti dans le sympathique bâtiment de la rue Préal. Il nous explique avec beaucoup d'humour le processus de fabrication de sa bière, qui passe d'une pièce à l'autre par un réseau de tuyauterie que le brasseur affirme ne pas maîtriser ni comprendre lui-même ;)

Une fois brassée, la bière passe dans quatre cuves cylindro-côniques où elle fermente 18 jours avant sa mise en bouteille. Celle-ci se fait dans la plus petite pièce de la brasserie (je pense!), juste à côté de la pièce avec les cuves. Tout se fait manuellement : remplissage, bouchonnage et capsulage. La dernière étape est l'étiquetage, qui se fait toujours à la main également. Dany nous explique alors qu'à côté de la bière "phare" de la brasserie, la Fantôme 'Classique', il brasse énormément de bières différentes, selon ses envies, ses humeurs, ou les commandes qu'il reçoit. En effet, il brasse aussi sur recette ou élabore lui-même des recettes pour des commandes privées. Attention, il est important de préciser qu'il ne fait pas de 'bières d'étiquettes' : chaque recette différente est étiquettée différemment.


Le brasseur nous confie aussi ses frustrations par rapport au public 'local'. S'il s'en sort aujourd'hui, c'est en effet essentiellement grâce à l'exportation, notamment aux Etats-Unis. La plus grosse partie de sa production part en effet à l'étranger. En tant qu'amateur de bières toujours à la recherche de bons produits artisanaux, on ne se rend pas toujours compte que beaucoup de gens ne prêtent pas souvent attention aux artisans qui sont juste à côté de leur porte... Ceci n'étant pas notre cas, la visite maintenant terminée, il est temps de passer à la deuxième phase : celle de la dégustation! Ce jour-la, deux bières étaient disponibles dans le petit café de la brasserie : la Fantôme 'Classique' et la Saison d'Erezée du moment (Printemps ou été, je ne me rappelle plus...), toutes deux au fût.

Fantôme – Brasserie Fantôme (8%)

J'avais déjà eu l'occasion de la goûter à plusieurs reprises, mais toujours en bouteille. La première chose à mentionner est peut-être qu'elle peut varier plus ou moins fortement d'un brassin à l'autre, mais que certains traits caractéristiques peuvent être retrouvés lors de chaque dégustation.

Ce qui domine dans cette belle bière orange trouble, c'est avant tout un énorme côté fruité. La pomme verte, essentiellement. On retrouve aussi toujours un goût très particulier qui fait penser à un bonbon. La version fût dégustée en terrasse ce jour-la était assez douce, avec peu d'amertume, et énormément de fruit et de bonbon. Une version bouteille goûtée quelques semaines plus tôt était quant à elle plus sèche, beaucoup moins douce et un peu plus amère... Mais on a par contre retrouvé la douceur de la version fût une semaine plus tard, en dégustant les bouteilles ramenées de la brasserie.

En bref, une bière originale, intéressante, qui peut parfois varier d'un brassin à l'autre mais qui est vraiment excellente quand elle est à son top.


Saison d'Erezée (Printemps ou Eté 2010) – Brasserie Fantôme (?%)

Si la brasserie produit bien de la bière sous l'appellation 'Saison', il ne s'agit pas d'une bière 'figée' mais qui varie au gré des saisons et surtout de l'inspiration de Dany Prignon. Lors de notre passage, la Saison d'Erezée (la commune dont Soy fait partie) avait un caractère très fruité et assez doux (sans tomber dans le sucré), avec un goût assez étonnant de violette, assez proche de celui des bonbons du même nom. Le tout était très frais, et étonamment agréable (je ne suis d'ordinaire pas un grand fan de ce profil de bière) à siroter au soleil dans la pelouse de la brasserie Fantôme!


Au final, une intéressante et agréable visite chez un brasseur artisanal jamais à court d'idées (sa prochaine création sera probablement une bière aux pissenlits, nous a-t-il confié)! Le principal intéressé, Pierre, a d'ailleurs été tellement séduit par la Fantôme qu'il en a ramené trois caisses de douze bouteilles (75cl, l'unique format proposé par la brasserie) pour la soirée de son mariage! Et en plus il avait déjà prévu de la Chimay Triple au fût... Quand je vous le disais qu'il avait bon goût ;)



Vous pouvez visiter la brasserie sur demande ou durant le week-end et les congés scolaires (téléphonez avant pour être certain que Dany sera disponible pour la visite guidée). Le prix est de 4 € par personne (visite + dégustation d'un verre).

Brasserie Fantôme
B-6997 Soy
Tél./Fax.: +32 (0) 86 47 70 44
contact@fantome.be
www.fantome.be

Santé!

-Antoine

vendredi 18 juin 2010

Bière et vieillissement : face à face de XX Bitter

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Sans parler du conditionnement (33cl, 75cl, magnums…) et des conditions de stockage (température, luminosité…), qui jouent un rôle primordial dans la conservation de la bière ; il y en a qui vieillissent bien, et d’autres moins. C’est le cas (à mon goût bien sûr) de beaucoup de bières blondes, qui au-delà de un à deux ans de vieillissement perdent beaucoup de leur fraîcheur et de leur amertume, malgré des Dates Limites de Consommation parfois bien plus longues (souvent 3 ans pour des bières refermentées en bouteille). Ainsi, après une durée propre à chaque bière, les arômes de fruits frais tendent à évoluer vers des fruits compotés, la base maltée adopte des saveurs de "gâteau trop cuit", l’alcool est parfois moins bien intégré et l’amertume s’estompe cruellement.
Qu’en est-il pour une bière comme la XX Bitter, qui présente au premier abord des caractéristiques propices ("faible" dégré d’alcool, blonde, fortement houblonnée) à un effondrement de la qualité dans le temps?

XX Bitter – 75cl – 18 mois (6.2%) vs XX Bitter – 33cl – 6 mois (6.2%)



75cl DLC 01/2014 (donc embouteillée en 01/2009) achetée chez SBS en 09/09.
La bière résiste à l’ouverture et commence à mousser…
Couleur : blond doré, trouble.
Au nez : beaucoup de fraicheur, fleuri (houblon), citronné, légère touche de miel.
En bouche : attaque acidulée, sur les agrumes, bonne amertume qui persiste en fin de bouche.
Commentaire : évoque le houblon frais, c’est bon !

33cl DLC 12/2014 (donc embouteillée en 12/2009) achetée chez un caviste il y a un mois.
Ouverture sans encombre, c’est tellement plus simple d’ouvrir ces bières avec un décapsuleur homologué… ;o)
Couleur : identique mais limpide.
Au nez : moins frais, moins sur les agrumes, plus brute avec une touche campagnarde/céréalière.
En bouche : attaque sur les céréales, une pointe de colle, amertume beaucoup moins importante.
Commentaire : évoque des vieilles céréales, c’est pas bon !


L’expérience fut troublante car je m’attendais à tout sauf à ce résultat. J’avais choisi de commencer par la bière la plus âgée, anticipant une diminution de l’amertume, mais il en a été tout autrement. En conclusion, deux choses ressortent :

Premièrement, la XX Bitter peut très bien se conserver 1 an et demi en 75cl, tout en gardant fraicheur et amertume.

Deuxièmement, la 33cl dégustée en face à face semble indéniablement présenter une anomalie. Contamination de la bouteille, mauvais stockage ou qualité médiocre du brassin, il est certain que la XX Bitter, même jeune, est habituellement bien meilleure. Par acquis de conscience, j’ai pu vérifier ce fait une semaine plus tard dans un bar sur plusieurs bouteilles, ainsi que récemment sur un fût de 20 litres qui était absolument magnifique ! :o))

Comme dit le vieil adage : "L’habit ne fait pas le moine". Déterminer les bières à haut potentiel de garde n’est pas chose évidente, à chacun de faire ses expériences. Soyez patients et goûtez !

-Pierrot

PS : petite liste de blondes qui par expérience m’ont conquis après 2 à 3 ans de vieillissement : Moinette blonde (version classique et bio), Bons Vœux et Orval.

vendredi 11 juin 2010

Chez De Molen, c’est pas des rigolos !

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Il y avait dans la cave commune, au QG des gorets, une bière insoupçonnée, offerte lors de notre approvisionnement au magasin de la brasserie en début d’année… Lood & Oud IJzer !

Cette bière est un assemblage d'Amarillo (Double IPA) et de Rasputin (Imperial Stout) ayant été préalablement vieillies quelques mois en fût, titrant à 10.4% et embouteillée à l’occasion du " Dutch Winter beer festival" au nombre limité de 318 bouteilles de 75cl.

Lood & Oud IJzer – De Molen (10.4%)

La bière présente une belle robe marron clair avec des reflets orangés et une superbe mousse bien dense.
Au nez comme en bouche, vous prenez la meilleure IPA qui puisse être, pleine d'agrumes (pamplemousse, citron…) et de fruits exotiques (fruits de la passion, mangue…) et vous alliez ceci au plus délicieux stout jamais brassé, plein de café crémeux, de chocolat noir… Une explosion de saveurs, une complexité rarement égalée, une maitrise de l'alcool et de l'amertume hors du commun ! A mon gosier de goret, une tuerie absolue !!!


Malheureusement, vous vous imaginez bien, il n’y en a plus une seule en vente au magasin. Un conseil, si vous tombez un jour dessus, foncez !

-Pierrot

mardi 8 juin 2010

La distillerie du cochon de la femme de Ménélas* : Port Ellen

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En Ecosse, l’île d’Islay, réputée pour ses whiskies tourbés, compte 8 distilleries actives : Ardbeg, Bowmore, Bruichladdich, Bunnahabhain, Caol Ila, Kilchoman, Lagavulin et Laphroaig ; et une distillerie fermée depuis 1983 : Port Ellen. Créée en 1825, la distillerie fut la première a exporter son single malt aux Etats-Unis. Fermée de 1929 à 1966, elle doubla sa capacité de production en 1967 avec ses 4 alambics (2 wash et 2 spirit). Une malterie, destinée à alimenter les distilleries de l’île ainsi que celle de Jura, fut construite en 1973 à côté de la distillerie. S'il arrive que certaines distilleries demeurent en sommeil avec l’espoir de reprendre un jour leur activité, ce n’est pas le cas de Port Ellen pour laquelle le processus de démolition a été enclenché en 2004 avec la destruction d’un de ses trois toits en forme de pagode.

De par le fait que les plus jeunes Port Ellen embouteillés aujourd’hui ont au minimum 27 ans d’âge et en raison du profil général de son single malt, Port Ellen se distingue par des whiskies très fins et très complexes. Depuis ces dernières années, les embouteilleurs indépendants nous ont gratifiés d’une belle flopée de Port Ellen, tel que Signatory Vintage en 2007 avec cette mise en bouteille spéciale pour La Maison Du Whisky.


Port Ellen 25yo (1982/2007) cask 1203
Signatory Vintage for LMDW (55.7%)



Il y a de ces drams magiques pour lesquels, dès le premier nez, les images affluent…

" Un chien foule la roche sur une plage d’Islay parsemée de coquillages. Les cendres du volcan islandais ont recouvert toute l’île. A ces relents marins s’adjoint la fragrance douce et sucrée des citrons et des pommes qui emplissent les étals sur le marché du vieux port. La première vague est riche, sucrée et s’échoue sur la fumée grasse d’un cigare. Les senteurs fruitées s’intensifient bien que l’on perçoive les campagnes d’Islay toutes proches. Le fond de l’air est frais et une fumée discrète imprègne les lieux. La deuxième vague est toujours aussi douce, alliant la saveur des poires au beurre cuisinées dans la chaumière d’en face avec la minéralité de la cendre qui tombe toujours sur l’île. Lorsque les nuages se dissipent, les premiers rayons de soleil viennent frapper la plage exaltant une odeur de sable chaud. Tous mes sens sont en émoi, pour sûr, un grand moment… "

J’ai pourtant longtemps gardé un avis mitigé sur cette bouteille. Mais cette fois-ci, ce whisky a réussi à me faire voyager. Ne vous arrêtez jamais à votre première impression. Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage ! ;o)

-Pierrot

* Copyright WhiskyWalker.

vendredi 28 mai 2010

Mikkeller dit "le brasseur de tueries"

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Le nom de Mikkeller tire son origine de la contraction d’un des prénoms et d’un des noms de ses deux fondateurs. A savoir, Mikkel Borg Bjergsø et Kristian Klarup Keller, deux jeunes brasseurs amateurs danois qui décidèrent en 2006 de quitter leur cuisine afin de s’installer dans une véritable brasserie. Dès la première année, ils se virent catapultés meilleure brasserie danoise ainsi que 5ème meilleure brasserie au monde. Un succès dû à l’audace de ces deux hommes, prêts à se lancer dans le challenge de créer de nouvelles bières, toujours innovantes, parfois extrêmes mais jamais ennuyeuses. C’est en août 2007, pour des raisons professionnelles, que Kristian décroche de l’aventure. Toutefois, Mikkel conserve le nom d’origine, bien décidé à continuer son périple. Depuis cette époque, il a cependant choisi de devenir un brasseur itinérant, sans installation fixe, voguant de brasseries en brasseries (USA, BE, UK…) afin de mettre au point des recettes toutes plus originales les unes que les autres, repoussant sa folie amoureuse de l’extrême toujours plus loin. (cf la "1000 IBU", génialissime au demeurant)

De passage chez De Proef (BE), Mikkel a créé la série "Single Hop". Dix bières possédant une base commune avec pour seule différence : un houblon unique utilisé pour chacune d’entre elles. En bon "hop addict" que je suis, je ne pouvais me permettre de passer à côté de cela. Cette expérience est, en plus d’être originale, délicieusement instructive. Pour avoir posé la question au brasseur, nous savons que les recettes ont été calculées afin d’obtenir environ 100 IBU (International Bitterness Unit) pour chaque bière. L’amertume perçue étant indéniablement différente de l’une à l’autre, nous pouvons déjà conclure que la perception du goût amer en bouche n’est pas qu’une simple histoire de chiffre. A titre d’information, la plupart des bières commerciales ont un IBU d’environ 16, l’Orval est à 29 et la XX bitter à 65. Pour le palais humain, la limite de perception serait aux alentours de 150.


Tomahawk (6.9%)

Le Tomahawk est un houblon américain, issu du Nugget qui est très amérisant et apporte de puissants arômes herbacés.
Au nez : du houblon frais et une touche de litchi laisse place à de la sève de pin, de l’écorce d’orange et quelques fruits rouges (groseilles). Comme d’habitude avec ces IPA, ça éclate de fraicheur, toujours aussi incroyable ! En bouche, grosse amertume en attaque qui persiste tout du long en apportant de divins arômes de zeste d’agrumes et des notes de résineux. La bouche est un peu dure mais le nez est à tomber par terre.


Nelson Sauvin (6,9%)

Le Nelson Sauvin est un houblon néo-zélandais qui doit son nom aux arômes de Sauvignon Blanc qu'il dégage.
Le nez est dominé par une forte odeur de jus de raisin (vin blanc sec et fruité), rehaussé par des notes très précises de cassis.
La bouche est crémeuse. Elle reprend fidèlement les arômes du nez, accompagnés par quelques agrumes. L’amertume est très bien maitrisée.
La finale est longue, amère et fruitée.
A l’aveugle, cette bière doit être très déstabilisante. Une merveille également !


Simcoe (6.9%)

Le Simcoe est un houblon américain, tant utilisé pour ses propriétés aromatiques que pour son amertume.
Plus proche de la Tomahawk, elle m’a paru légèrement moins expressive, moins résineuse et moins amère en bouche. Elle reste toutefois excellente, pleine de houblon et de fruits en tout genre.

Il ne me reste plus que 7 "single hop" à goûter pour finir en apothéose avec la "1000 IBU"… Que la vie est belle ! :o))

Buvez houblonné ! (et j’insiste, pas trop frais, aux alentours de 12°C pour ces bijoux)

-Pierrot

PS : Special thanks to mon pote Romain qui déchire à mort de m’avoir fait goûter à ces tueries intersidérales.

mardi 25 mai 2010

BREWDOG Part II – blondes et brunes

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Etant donné la chaleur qui a régné ce week-end en Lorraine, j’en ai profité pour prendre la tangente bière au détriment du whisky. Belle occasion de poursuivre l’aventure Brewdog… 4 belles bières dont une merveilleuse surprise.

77 Lager (4.9%)

Couleur : or pale.
Le nez, comme la bouche, est sur la céréale, la levure et un léger fruité. Le fond de verre est plus porté sur la brioche. Rien d’extraordinaire mais cela reste une très bonne pils.

5 A.M. Saint (5%)

Couleur : ambrée foncée.
Au nez : explosion de fraicheur, résineux, houblon fruité, ananas frais, malt caramélisé, fruits rouges (framboises fraiches), plastique fondu. En bouche : super présence et bonne amertume, résineux, houblon et fruits rouges. Une finale très longue, amère, fruitée et résineuse. A noter qu’il est remarquable de réussir à brasser une bière à 5% aussi merveilleuse, expressive et complexe. Ma préférée de la gamme côté blonde. Cependant, la "Hardcore IPA" n'est pas très loin derrière elle.

Rip Tide (8%)

Couleur : brune très foncée, reflets rubis et mousse beige.
Au nez : café, réglisse, terreuse, légèrement fumée, pain frais (pointe salée).
En bouche : réglisse, café, salée, presque médicinale.
Finale : salée et torréfiée (amère).
Un très bon stout.

Coffee Imperial Stout (9.5%)

Bière réalisée en association avec "Danish Beerhouse". Présence d’un houblonnage à cru ainsi que d’une maturation avec des copeaux de chêne français.
Couleur : identique à la précédente avec une mousse plus fugace.
Au nez : le côté stout est allié à des relents de houblon (végétal, presque fruité), épicé, presque vanillé.
En bouche : plus équilibrée que la Rip tide, le Dry hopping apporte une autre dimension à la bière. Le café et la réglisse forment une belle alliance avec le houblon.
Finale : légèrement épicée (action du bois ?) et amère (torréfaction et amertume végétale du houblon). Belle bête, pas évidente à décortiquer.

Une fois de plus, nous avons la confirmation que James et Martin ont du talent !

En preview, je peux vous dire que la Tokyo (18.2%) est un très beau produit, présentant une facilité à boire plutôt déconcertante ! :o))

- Pierrot

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